jueves, 24 de enero de 2013

Troisième blog, troisième voie?

Je relisais mon blog d'Argentine à l'instant, les larmes aux yeux... Je lis ma vie de bohème, ma vie exotique, tout paraît beau et simple, comme si j'avais la vie devant moi et que je la vivais pleinement chaque jour... c'est ce qu'offre le condensé du blog...exit les errements, les grasses mat', les angoisses hebdomadaires, les moments de loose absolue, les amours ratées...tout ça n'apparaît pas dans un blog. Il ne reste que l'action, les événements extraordinaires, les joies, les voyages, les belles images, la magie quoi...il y a de quoi être nostalgique, quand on n'a plus que le blogs et cette propension humaine à regretter les moments passés sans savoir profiter de ceux du présent. Il est probable que, déjà à Buenos Aires, je me sois reprochée de n'avoir pas assez profité de Madrid, de Paris, du Costa Rica, du lycée, du collège, de mon enfance...on peut remonter loin comme ça... Alors je vais continuer comme ça, en espérant que le fait d'écrire sur le blog me donne une motivation pour rendre ma vie de fonctionnaire en banlieue parisienne un peu plus extraordinaire... Me voilà donc, profitant des retrouvailles avec le blog argentin pour faire un bilan, 4 ans après : lassée de ne pas trouver du travail à Buenos Aires, je suis rentrée, endettée mais forte d'une belle ambition : réaliser mon rêve d'enfance, celui qui m'a menée (presque) tout droit à la faculté de droit (rime riche, du coup): devenir juge. Je vous passe le retour à la dure réalité parisienne, jobs d'éte à l'année, projets trop ambitieux (master en droit pénal dans une fac, prépa juge dans une autre, préparation d'un deuxième concours pour le fun (et les bourses), prépa intensive en plus, avec le même ecueil : à vouloir tout faire, je ne fais rien! Abandonné, le master, au profit de la prépa; abandonnée, la prépa, au profit de la prépa intensive...oh et puis, déprimante cette prépa intensive, ils sont tous cons ces candidats! Ah, et j'oublie le passage par la case stage en juridiction, au parquet du TGI de Paris, section criminalité organisée...mais je suis déçue, je me réveille dans la dure réalité de la justice dans la vraie vie, comme partout, je trouve le moyen de glander, et puis ça devient comme le reste, la corvée... Je finis par passer le concours en ayant largement baissé les bras, une heure à chaque épreuve au lieu de 5 et me voilà libérée de cette année scolaire dé-pri-mante... Non pas que j'aie pas eu toutes les cartes en main pour réussir (au passage, merci l'Etat)...la faute c'est moi et mon découragement et mon esprit mal fait et puis c'est comme ça hein, c'est du un an sur deux chez moi : une année ça va, une année ça va pas... On arrive à la rentrée 2010. juge, c'est fi-ni!!! Je ne veux plus en entendre parler, laissez-moi m'épanouir en tant qu'hôtesse volante à plein temps : disponible dès 5h30 le matin et jusqu'à 20h le soir, je suis l'hôtesse qui remplace celles qui sont malades, indisposées, démissionnaires, etc (et elles sont nombreuses). Je gagne plus de 1000€ par mois pour la première fois de ma vie, je pense à rien sauf à repasser ma chemise pour le lendemain, et je fais mine de chercher ma voie... Au passage je prépare un concours (inspectrice du trésor, au hasard), je fais un stage de deux mois chez un avocat, je fais placeuse dans une chaîne de restaurants, je passe l'équivalence pour être avocate, et mon permis aussi tant qu'on y est et puis...tiens... mais juin approche... pourquoi je le passerais pas, ce concours, finalement? Allez, on se motive trois semaines avant le concours, on tente le tout pour le tout et là miracle, j'arrive à bosser. Trois semaines d'état de grâce, je me passionne...bon, inutile de vous dire que ça ne suffit pas...en tout cas pas pour moi, mais bon cette fois j'ai essayé et bien essayé. L'été arrive et je dois faire un choix : accepter l'entrée facile dans la vie active offerte par la réussite du concours du trésor, ou galérer encore un peu, le temps de trouver un cabinet qui voudrait bien de mes services comme avocate... Bon Trésor ce sera, ce qui nous amène à la rentrée 2011 : entrée à reculons à l'Ecole Nationale des Finances Publiques dans la fringuante banlieue de Noisiel (ville nouvelle années 70 dans le coin de Marne-la-vallée...ça vous pose un décor), je subis une scolarité entre comptabilité et management, et fais tourner ma vie autour des pauses déjeuner et du trajet de RER où je retrouve mon amoureux...non sans m'interroger sur ce que je fais là et dans quel état j'erre, bien entendu. Donc hésitations, juge pas juge de nouveau (ah l'appel au rêve d'enfance est toujours bien pratique, surtout ne jamais le remettre en question hein), préparation très molle et donc très culpabilisante et donc très improductive du concours et ah? qu'entends-je? une opportunité à l'ONU en Equateur? Mon rêve d'il y a trois ans, et l'occasion de me libérer du Trésor, de la morne vie banlieusarde, avec en plus la possibilité de briller en société? Mais dîtes-moi où il faut signer, j'arrriiiiiiive! Ah oui mais ça c’était avant de réfléchir et de songer à écouter mon coeur, parce qu'en fait j'avais pas du tout envie de partir... et il a fallu que je sois dans l'avion pour le réaliser complètement...et me voilà donc, un 13 juillet 2012, descendue de mon avion, ma vie parisienne jetée à la poubelle, je dois me réinstaller. J'ai de la chance, au Trésor ils veulent encore de moi...alors me voilà, janvier 2013 : je travaille depuis 5 mois en tant qu'IFIP au sein du PNSR GPP de la DNID, DGFIP, MINEFI (ils aiment les sigles dans mon administration). En bref, je fais du droit privé, autour des successions vacantes (celles que gère l'Etat parce que personne ne les réclame), un boulot où en gros personne ne me demande des comptes, et puis je relis mes blogs d'Argentine, et puis je me pose mille questions : et juge? Quand est-ce que je le passe ce concours qui est censé sauver ma vie? Et pourquoi j'arrive jamais à le bosser? Et ma vie de bohème en Argentine? Et si c'était ça, ma voie : musicienne, astrologue, écrivain, artiste (mais quel art? je suis même pas créative),ou fermière tiens! Ah non, je suis trop paresseuse... et si je devais accepter une vie simple dans laquelle je pourrais m'épanouir par la lecture, l'amour, les enfants, tout ça tout ça... Si quelqu'un a la réponse sur comment faire de sa vie un truc chouette, s'amuser, être heureux au quotidien, en être fier à la fin et pas regretter chaque année qui passe, je suis preneuse! En attendant, d'après ma théorie des un an sur deux, celle-là devrait être bonne, alors patience...

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